BSL: Brise-Sans-Leurre



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    Cette exposition-installation est actuellement présentée au Centre d’artistes Caravansérail, à Rimouski. La proposition initiale que j’avais envoyée lors de l’appel de dossier visait à produire une exposition rendant compte de ma nouvelle région d’habitation, soit le Bas-Saint-Laurent. J’avais déjà trouvé le titre, BSL: Brise-Sans-Leurre, un jeu de mots avec l’abréviation désignant habituellement le Bas-Saint-Laurent. En fait, la majorité des gens de la région disent BSL plutôt que Bas-Saint-Laurent pour en raccourcir la diction et en faciliter la prononciation. L’idée dans le titre, c’était d’ouvrir le sens et de libérer l’imagination. Bien que ces mots ne soient pas choisis au hasard, je vous laisse vous faire vous-même une idée sur la raison de leur choix et sur la résonnance qu’ils peuvent avoir sur la lecture des œuvres (et votre vision de la région).





       
      Tel que vous pouvez le voir dans la vidéo, la première oeuvre qui nous frappe quand on entre c’est l’installation de prints que j’ai faite sur le mur. Il faut savoir que la salle d’exposition se trouve à être une ancienne salle de cinéma. Ceci explique la légère inclinaison du plancher ainsi que la hauteur des plafonds. Cette hauteur de plafond implique par le fait même la hauteur des murs. C’est une caractéristique que je devais exploiter pour bien utiliser l’espace et c’est donc sur la sérigraphie que s’est arrêté mon choix.




    J’ai toujours aimé la sérigraphie pour sa capacité de reproduire identiquement, rapidement, en grand format, en couleur et à faible coût toutes sortes d’images. De plus, contrairement à l’impression numérique, l’artiste est un acteur impliqué physiquement dans le processus d’impression. Je n’en avais par contre jamais exposé, consacrant plutôt son utilisation à la production d’accessoires accompagnant les oeuvres, comme des boîtes de transport.




   
    La couleur utilisée pour le print est “cyan”, une couleur pour laquelle j’entretiens une forte affinité et qui est à la base de la majorité de mon travail. Il s’agit pas mal de la couleur bleue la plus de base qu’on peut trouver dans des pots. Contrairement à certains artistes comme Klein qui développa son propre bleu, presque impossible à répliquer, ou Anish Kapoor qui détient un copyright sur une substance noire étant le noir le plus noir jamais produit, pour ma part je me contente du bleu le plus commun. Pourquoi? 




   Principalement parce je considère avoir une approche qui se veut “populaire” à l’art, c’est-à-dire accessible, non-élitiste, contrairement aux deux exemples mentionnés plus haut. De plus, comme je le disais, ce bleu, je l’aime, et il me suffit. 

    Alors que mes oeuvres proposent généralement une variation du moule, une individualisation à notre image, ce mur n’est que pure répétition de la même chose. La liberté réside peut-être dans l’accrochage léger qui permet au print de se tordre sur lui-même et de se mouvoir avec les mouvements d’air de la salle!





    Mais d’ailleurs qu’elle est cette chose imprimée? En fait il s’agit premièrement du BSL de l’exposition ou la région, peint au pinceau. L’image, elle, en contraste, est mécaniquement reproduite. Il s’agit d’une photographie prise avec une caméra grand format de studio, le genre de trucs que tu t’imagines quand tu penses à un photographe il y a 100 ans. Une caméra en mode accordéon, mais qui tire une image de qualité inégalable en numérique, à moins de sortir 35 000$, no joke. Mais cette qualité de négatif obtenue est complètement perdue en raison de la trame grossière appliquée à l’image pour sa reproduction...




  
    Ce que j’aime bien de cette image, c’est justement la dichotomie entre l’écriture peinte, très gestuelle et approximative contrastant avec la reproduction d’une image mécanique.

    Le choix du support de cette impression en dit long aussi sur ma volonté de rendre l’art populaire; il s’agit de papier journal. C’est un support très cheap, mais très commun, peu utilisé en art en raison de sa faible (inexistante) tenue à la lumière (il jaunit au soleil). Mais il y a autre chose pour moi que la pérennité de certaines œuvres, des fois, il s’agit juste de miser sur la quantité, comme en pub.

    Parlant de publicité et d’accessibilité des œuvres, j’ai d’ailleurs décidé d’afficher partout à Rimouski. À qui la rue?






    Finalement, concernant l’affiche, et son personnage, il a pris vie! Grâce à la technologie, le Bonhomme BSL est né! Vous pouvez aller le suivre sur instagram et sur facebook. (@bonhommebsl)
Il sera de plus en plus présent, et quelques beaux événements l’attendent cet été! Allez le suivre!





De retour à l’expo: 
    Après avoir observé le mur de print un certain temps, ce qui attire notre attention est le mur du fond que l’on voit à distance, sur lequel se trouve une image d’un homme à cheval avec une tâche bleue, surmontant 3 espèces de peaux.  Mais en raison de son éloignement, et possiblement aussi de la force malaisante de l’ensemble, on poursuit notre chemin traditionnellement, en partant de gauche et en suivant le mur de céramique. 







   Alors qu’habituellement, je fabrique moi-même mes moules à partir d’objets que je modifie, cette fois-ci, j’ai essayé une nouvelle avenue. Je me suis procuré un lot de moules servant à produire toutes sortes de cochonneries, des tasses ou des pots de biscuits avec des faces d’elfes, des cendriers, etc, vous voyez le genre. Mais au lieu de produire ce dont pour quoi le moule avait été conçu, j’ai décidé d’intervenir sur la forme pour l’en éloigner. L’idée était de produire un objet qui ne se révèlerait pas complètement et qui libérerait l’imagination. 






       Une autre des différences avec ma production habituelle en céramique est la méthode de moulage utilisée. Autrefois, ma technique de moulage se résumait à l’utilisation de barbotine, c’est-à-dire de l’argile liquide que je versais sans un moule en plâtre. Cette technique permet d’aller chercher le plus précisément tous les détails en raison de la consistante de l’argile. L’eau s’adapte à tout le volume, “be formless, shapeless, like water” disait Bruce Lee. Ce procédé me permettait d’obtenir des moulages précis, industriels, presque immatériels. J’ai utilisé cette technique pour certaines pièces, tandis que pour d’autres, j’y suis allé d’une méthode plus “rough” ou “felt, qui est l’estampage.
 





    Au lieu d’utiliser de l’argile liquide, je prends de l’argile en pâte et j’en roule une plaque, comme lors de la confection d’une tarte. Cette plaque, je la roule sur une toile en coton de peintre, ce qui explique la trame que l’on peut remarquer sur la pièce en haut. Après avoir obtenu la galette, je la presse dans un moule, en utilisant tout simplement mes doigts pour m’assurer d’aller chercher toutes les formes du moule. Pour revenir à l’analogie de la tarte, quand on termine de mettre la pâte dans le plat, on passe généralement un couteau afin d’enlever l’excédent. Dans le cas de mes oeuvres, je préfère généralement conserver cet “excédent” ainsi que toutes autres marques de moulage (comme les plans de joints), parce qu’ils renseignent sur la provenance et la construction de l’oeuvre. Il ne s’agit pas d’un objet abstrait, mais bien d’une chose réelle et en voici les preuves. Au même titre que nous conservons notre nombril, vestige de notre création, je préfère préserver les traces de la création de mes oeuvres.






    Comme toujours, le travail de la coloration et des textures occupe une place importante dans mon travail et cette technique de moulage m’a justement permis d’exploiter de nouvelles avenues. De plus, j’ai essayé deux nouvelles argiles, une couleur chocolat et une couleur amande.

Vous pouvez en apprendre plus sur chacune des oeuvres, les voir en détail et même les acheter dans en cliquant ici.  

Arrivé à la fin du mur, on tourne le coin et on arrive dans ce petit espace que j’ai appelé le mausolée. 






    Dans ce petit espace, on trouve quelques sculptures utilisant de nouveaux matériaux. Au centre, il y a le moulage en béton d’un objet de décoration classique (devinez lequel!) et quelques ferrailleries forgées. Ce moulage prend la forme du moule de l’objet original, renversant la forme de l’objet moulé et libérant aussi les formes de leurs sens.
En haut de lui est placée une petite sculpture murale en plâtre, réalisée dans un couvercle de pot Coaticook (saveur vanille) avec un bout de fer forgé planté. Le coin est étrange et calme . Je vous laisse découvrir la pièce de droite dans la section des oeuvres individuelles

Après être sorti de coin, on rencontre le print géant, perché au-dessus de ses proies. Une fois proche, on peut mieux l’observer et l’oeil fin remarque que l’image imprimée est fortement tramée, et même que le coin en haut à gauche est corné. 





    En dessous de cette image-objet se trouvent les trois étranges formes que vous pouvez observer ci-dessous. Elles peuvent rappeler des peaux, une mue ou même les grandes algues que l’on trouve sur le bord du fleuve. Il s’agit en fait de trois moulages identiques en latex. 




    Mais quelles sont les formes moulées, à quoi appartiennent-elles? À première vue, leurs formes déconstruites nous mystifient, mais lors de leur manipulation (et oui, on peut les toucher!), on découvre une espèce de vieux personnage. Vous le connaissez tous! ;) Qui est-il? 

    Finalement, on arrive à ce qu’on croit qui est la fin de la pièce, mais non, derrière tout cela, comme un magicien d’Oz débile, se cache une dernière oeuvre, ouvrant la fin vers une fin qui ne finit pas, un gif animé projeté en boucle dans l’arrière espace, comme roulant sans arrêt dans notre tête....









 
    Vous pouvez en apprendre plus sur chacune des oeuvres, les voir en détail et même les acheter dans en cliquant ici!  



Remerciements et crédits:


    Je remercie tout d’abord et bien particulièrement Nathalie Dion qui m’a fortement aidé tout au long du processus de création, de montage et de diffusion!
Je remercie ensuite le centre d’artiste Caravansérail de m’avoir offert une plage d’exposition dans leur centre ainsi que tout le soutien nécessaire à la mise en place de ladite exposition!

    Je remercie Nadia Ross pour le beau reportage sur mon exposition pour le segment culture du téléjournal de Radio-Canada de l’Est du Québec.
Je remercie Éric Barette de m’avoir accordé une entrevue à la radio de Radio-Canada.

    Un grand merci à Nathalie Dion pour la reprographie photo de l’exposition et à Alexandre Croussette pour la reprographie vidéo!

    Finalement un grand merci à tous les supporters qui sont venus voir l’expo, qui en ont jasé avec moi, et ceux qui m’ont acheté des oeuvres!